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C’est le 26 août 1940 que Félix Éboué proclame le ralliement du Tchad à la France libre. Le Tchad est le premier pays africain qui résiste aux ordres du gouvernement de Vichy en choisissant de poursuivre la guerre contre l’ennemi allemand. Né en Guyane en 1884, Félix Éboué fait des études à Bordeaux avant d’intégrer l’école coloniale de Paris. Il devient un colon dévoué, tout en étant un partisan du maintien des traditions des autochtones. Il adhère en 1928 à la Ligue des droits de l’homme, ce que ses supérieurs réprouvent sans le retirer de ses fonctions. Il se veut à la fois administrateur colonial et humaniste. Issu d’une famille noire de la Guyane française, il est né de parents qui tiennent, à partir de 1898, une épicerie.

À la suite de l’appel du 18 juin, il maintient le Tchad en état de guerre malgré la signature des armistices franco-allemand et franco-italien les 22 et 24 juin. Charles de Gaulle lui fait parvenir un télégramme 
le 16 juillet pour le soutenir dans sa résistance. 
Le gouverneur Éboué n’applique donc pas les armistices de la France avec l’Allemagne et avec l’Italie au territoire du Tchad. L’ancien directeur pour l’Europe de l’Automatic Telephone Company, 
René Pleven, futur chef 
de la mission française libre de l’Air aux États-Unis, est envoyé par de Gaulle. Le commandant 
Jean Colonna d’Ornano 
a rejoint le colonel Edgar 
de Larminat à Léopoldville avant de se rendre à Fort-Lamy pour participer au ralliement. Maurice Schumann annonce la grande nouvelle à la BBC le 27 août.

« Français ! Hauts les cœurs ! Une nouvelle capitale vient de nous parvenir, que vous avez tous le droit de connaître et le devoir de répandre : la colonie du Tchad s’est ralliée, pour poursuivre la lutte, aux forces françaises libres du général de Gaulle. Qu’est-ce que le Tchad ? Ce n’est pas seulement la plus vaste et la plus peuplée des quatre colonies qui constituent l’Afrique équatoriale française. C’est aussi le cœur même de l’Afrique (1). » Le porte-parole du mouvement de la France libre souligne la grandeur de l’événement. L’émission de la BBC diffuse l’intégralité du texte de la proclamation à Fort-Lamy. Proclamée par le gouverneur Félix Éboué et le colonel commandant militaire Pierre Marchand, elle est réalisée « au nom de la population entière et des troupes de la colonie ». La France libre compte désormais des résistants de la Grande-Bretagne à l’Afrique équatoriale, ainsi qu’au Moyen-Orient (2). Les chiffres demeurent néanmoins faibles.

Quatre mille cinq cents sur terre, neuf cents sur mer et quatre cents dans les airs, tel est le total des effectifs des forces de la France libre à l’été 1940, tant en Grande-Bretagne qu’au Proche-Orient et en Afrique. De faibles effectifs mais de l’énergie à revendre, tel est le portrait que Jean-Louis Crémieux-Brilhac fait dans son livre sur la France libre (3) de ce mouvement encore en construction à l’été 1940. Le 27 août, le Cameroun rejoint aussi les rangs de la France libre, grâce au capitaine Philippe de Hauteclocque dit commandant Leclerc envoyé par de Gaulle. Le 29, c’est au tour du Congo et de l’Oubangui-Chari. Le colonel de Larminat peut alors se proclamer responsable civil et militaire de l’Afrique équatoriale française. L’heure est historique à Brazzaville.

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GAYENNE - GUYANE FRANÇAISE, 26 DÉCEMBRE 1884 || LE CAIRE - ÉGYPTE, 17 MAI 1944

Boursier, après des études à Bordeaux puis à l'École coloniale de Paris (1906), il fut nommé administrateur des colonies (1909). À ce titre, il occupa jusqu'en 1927 de nombreux postes en Oubangui‑Chari et dans diverses régions de l'Afrique équatoriale française (A‑EF). En 1930, il fut promu au grade d'administrateur en chef et, lors d'un congé en France, participa en 1931 au Congrès international d'ethnographie réuni à Paris à l'occasion de l'Exposition coloniale.

En janvier 1932, Paul Reynaud, ministre des Colonies, le nomma secrétaire‑général du gouvernement de la Martinique. En avril 1934, après avoir été de nouveau affecté au Soudan français, en tant que gouverneur intérimaire, il fut rappelé en France en septembre 1936 et nommé par le gouvernement de Front populaire dirigé par Léon Blum, secrétaire général de la Guadeloupe. Arrivé à Pointe‑à‑Pitre en octobre 1936, il y trouva une agitation inquiétante qu'il réussit progressivement à calmer ; dans le même temps, aidé par une conjoncture économique favorable, il parvint à assainir en deux ans les finances publiques, déficitaires depuis plusieurs années. Rappelé en France en 1938, il fut nommé gouverneur de 2e classe au Tchad.

Après l'effondrement des armées françaises en juin 1940 et l'occupation de Paris, Éboué, refusant l'idée de l'armistice, informa dès le 29 juin le gouverneur général Boisson de sa détermination à maintenir le Tchad dans la guerre et, dès juillet, prit contact avec le général De Gaulle. Après la reconnaissance de la France Libre par les Britanniques (7 août), il accueillit à Fort‑Lamy les envoyés de de Gaulle, René Pleven et le commandant Colonna d'Ornano et, le 26 août 1940, le Tchad rallia officiellement la France Libre, donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi totalité des territoires de l'A‑EF (Congo, Cameroun, Oubangui‑Chari). Au début du mois d'octobre 1940, le général de Gaulle se rendit à Fort‑Lamy où il rencontra Félix Éboué qu'il nomma membre du Conseil de défense de l'Empire et, le 12 novembre 1940, gouverneur général de l'Afrique équatoriale française. En janvier 1941 il fut décoré de la Croix de la Libération et nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération.

Après avoir fait libérer les chefs africains incarcérés par le gouverneur général Boisson, Éboué entreprit de définir les grandes lignes d'une nouvelle politique indigène en A.‑E.F, appuyée sur les élites locales et les structures sociales existantes. En juillet 1942, sur sa proposition, le général de Gaulle signa trois décrets fixant le statut des notables et organisant les communes africaines. Du 30 janvier au 8 février 1944, Éboué prit une part active à la conférence de Brazzaville sur la décolonisation ouverte par le général de Gaulle, au cours de laquelle il vit dans leur ensemble ses théories reprises et adoptées.

Le 17 mai 1944, Félix Éboué, alors en mission en Égypte, mourut d'une congestion pulmonaire.

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Il fut inhumé au Panthéon le 21 mai 1949.